| L'Oeil en Seyne 7 ème festival international de photographies |
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| Pour la 7e édition du festival l’OEil en Seyne, le voyage s’installe à la villa Tamaris - Centre d’Art Toulon Provence Méditerranée. Surplombant la rade de Toulon, cet écrin moderne accueillera à nouveau la photographie contemporaine durant cinq semaines cet automne. Toujours dans la représentation de grands photographes de notre monde, après avoir accueilli Frank Horvat, Les 60 ans de Paris Match, ou encore Yann Arthus-Bertrand, Sabrina et Roland Michaud prennent place à la villa Tamaris. Ces photographes ont fait du voyage une philosophie de vie. Par leurs yeux, nous avons découvert dans le National Geographic ou le Geo, des ethnies inconnues, des contrées jamais vues du grand public telle la Chine profonde, l’Inde ou les terres reculées d’Afghanistan. Au travers de grands clichés, Voyageurs d’Orient nous emmènera dans des ailleurs, à pied, à cheval, à vélo ou à dos de chameau comme de véritables reporters… À la façon de Roland Michaud dont le premier voyage fut de parcourir l’Europe du Nord durant 85 jours avec l’appareil photo de son grand père, le Festival accueille cette année les plus jeunes et leur donnent la possibilité d’exposer leur propre vision du voyage. Parce que l’on peut voyager partout, même tout près de chez nous, bienvenue à l’OEil en Seyne 2010 ! |
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| Hubert Falco Secretaire d'Etat à la Défense et aux anciens Combattants Président de la Communauté d’Agglomération Toulon Provence Méditerranée |
Jean-Sébastien Vialatte Maire de Six-Fours-les-Plages Vice-Président de Toulon Provence Méditerranée |
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Villa Tamaris Centre d'Art
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| Éloge de la beauté, de la sagesse, de la lumière... Les clichés de Sabrina et Roland Michaud sont une invitation au voyage. 50 années d’aventures, 50 années de photographie et des milliers de rencontres. Avec l’exposition Voyageurs d’Orient, le festival l’OEil en Seyne entame un nouveau cycle sur les traces des grands voyageurs contemporains. Qui mieux que ce couple célèbre de globe trotteurs épicuriens pour nous offrir une première escale ? De leur quête de sagesse et d’absolu, les Michaud ont retiré les clés d’un voyage réussi... et d’une vie accomplie : prendre son temps ! Une exposition soutenue par le Conseil général, à découvrir du 1er octobre au 7 novembre à la Villa Tamaris... en tout sérénité ! |
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| Horace Lanfranchi Président du Conseil Général du Var |
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| Consacré à la photographie, le festival l’OEil en Seyne apporte un regard particulier dans la riche palette de l’offre culturelle en Provence- Alpes-Côte d’Azur. Il contribue à populariser les arts graphiques et favorise les échanges entre les artistes et leur public. Avec cette nouvelle édition, dédiée au Voyageurs d’Orient, l’art de la photographie est montré à travers l’un de ses thèmes de prédilection. Les oeuvres de Sabrina et Roland Michaud illustrent une ouverture aux cultures et aux peuples qui signifie une grande richesse. Elles soulignent aussi la dimension universelle du portrait et de la représentation des activités humaines. Interroger, questionner, étonner, l’acte créatif amène le spectateur à aiguiser sa sensibilité et à développer son sens critique. Parce que les échanges humains enrichissent toujours la société et les individus qui la composent, la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur mène une politique volontariste en faveur de la culture. Elle soutient l’ensemble des acteurs culturels dans leurs projets, qu’il s’agisse des Communes, des associations, des organisateurs de manifestation ou des artistes eux-mêmes. Par leur dynamisme, leur motivation et leurs compétences, les acteurs culturels de Provence-Alpes-Côte d’Azur concourent à faire de notre Région une référence dans ce domaine, reconnue en Europe et dans le monde, mais aussi un espace plus humain et plus solidaire, où il fait bon vivre pour ses habitants. |
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| Michel Vauzelle Président de la Région Provence-Alpes-Côte d'Azur |
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| L’eau, la terre, le feu, l’air... la nature, le ciel, les hommes, les mythes... les quatre premières déclinaisons de l’OEil en Seyne, telles un écho, une anticipation au Voyageurs d’Orient proposé cette année. Sabrina et Roland Michaud, photographes et voyageurs impénitents, ont en effet depuis cinquante ans porté un regard autre sur les civilisations de l’Islam, de l’Inde et de la Chine. Une vie consacrée au voyage transformée en art de vivre. Prendre la mesure de l’espace et du temps par la lumière, en refusant toute vision superficielle, hâtive, stéréotypée, au profit d’une approche par et pour l’image, de l’essence des civilisations orientales. Ils cherchent et trouvent la trace du « miroir qui lie le passé au présent et abolit l’espace ». Ce duo singulier de photographes-poètes, associe ainsi, dans un dialogue visuel entre les siècles, l’art, la beauté, la vie. |
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| Robert Bonaccorsi Directeur de la Villa Tamaris Centre d'Art |
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| Roland et Sabrina Michaud, les Pélérins de l’Autre Les photographes éblouis par la beauté du monde qui avec patience et passion nous donnent à voir et à découvrir au bout de leur objectif cet Orient fascinant et enchanteur. De la mémoire de l’Afghanistan à l’Inde des mille et une nuits, des miroirs des civilisations aux Aigles de Mongolie ou de la Chine profonde, autant de routes dévoilées. De ces années de complicité passées à l’Agence Rapho jusqu’à aujourd’hui une source de grandes découvertes et de bonheur. Nomades infatigables mais aussi conteurs magiques, entre chaque voyage ce fut l’occasion d’échanger avec eux et de nous faire aimer et connaître par leurs récits, au-delà des images qu’ils rapportaient, ces cultures d’ailleurs. Éternels amoureux de la lumière, du meilleur de l’autre, et de la magie du lieu. Laissons nous emporter par ce qu’a vu l’oeil et ressenti le coeur de ces voyageurs photographes. Un demi-siècle de partage que vous nous offrez. Merci Sabrina et Roland. |
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| Chantal Soler Commissaire d'exposition |
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| Dans ce lieu magnifique qu’est la Villa Tamaris Pacha, quel bonheur d’accueillir Roland et Sabrina Michaud, nos deux poètes voyageurs. Leurs photographies sont des témoignages inédits qu’il faut contempler. Ils ont parcouru tranquillement l’Asie, l’Afrique à pied, à vélo, à cheval... à bord d’une Citroën 2 CV, sans portable, sans ordinateur, en quête de beauté, de sagesse et d’absolu. C’est une exposition unique qui fut très difficile à monter et je tiens à remercier la Directrice Artistique, Micheline Pelletier, la Commissaire d’exposition, Chantal Soler et Central Color qui ont découvert, exhumé et fait renaître ces merveilles. Je tiens à exprimer ma gratitude envers nos mécènes qui nous accompagne dans cette aventure. Merci d’être là. |
Photographe en herbe, quand Caravanes de Tartarie de Roland et Sabrina Michaud est paru, j’ai rêvé de vivre leur vie : partir, photographier, partager et qui sait revenir. Poètes, explorateurs, photojournalistes, philosophes, leur bien le plus précieux est le temps, leur arme la culture, leur guide : la beauté de la nature et des âmes. Il est juste que la Villa Tamaris leur rende aujourd’hui un hommage vibrant à l’instar de la lumière qui baigne leurs images. Avec eux partageons les morsures des hivers les plus rigoureux sur les hauts plateaux du Pamir, la soif des plaines poussiéreuses du Turkestan et plus récemment l’eau tiède de la mousson qui se répand sur l’Inde près d’un tiers de l’année. De Corée de Jade à La route de Samarkand, de L’Inde des mille et une nuits à La Grande Muraille de Chine leurs yeux toujours éblouis, jamais rassasiés nous ont menés, nomades, par le bout du coeur. On ressent l’infinie patience des guetteurs de lumière. Dans les photos les plus intimes de Mongolie on les voit assis en bord de cadre, comme effacés du regard de leurs sujets, au plus près de la vie qui se déroule devant eux. S’ils ont su au cours du temps ne jamais nous décevoir c’est, qu’ils ont perçu les valeurs sacrées, éternelles et universelles des gestes quotidiens et donner à voir l’autre avec un infini respect. De miroir en miroir mettez vos pas dans les leurs, vous n’aurez pas perdu votre temps et vous aurez peut-être gagné un moment d’éternité. |
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| Jacqueline Franjou Présidente de L’Œil en Seyne |
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| Micheline Pelletier Déléguée générale de L’OEil en Seyne |
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| À dix-neuf ans, riche d’une bicyclette et d’un sac de couchage, je me lance sur les routes d’Europe pour vivre mes premières expériences d’homme. Je dors à la belle étoile, me nourrissant de lait, de pain, de margarine et de confitures. Je travaille comme apprenti jardinier en Suède pour gagner ma vie, et m’engage comme « passager qui travaille » à bord de vieux cargos pour payer mes traversées maritimes. Très vite j’apprends qu’il ne peut y avoir d’existence plus pleine et plus lumineuse ; la fréquentation de l’université et le métier de pion d’internat que je dois mener de front m’enseignent un minimum de culture et de psychologie en même temps que les notions d’effort, de mérite et de sacrifice et un goût très vif de l’indépendance. Aussi, au cours de l’été 1955, en compagnie de mon frère cadet Jean-Claude, poussons- nous à pied et en autostop jusqu’aux villes de faïence bleue de la Perse, faisant l’expérience du désert et de l’oasis, de la soif, de la maladie et de la peur, mais aussi de la beauté, de l’amitié, de l’optimisme. C’est notre « école buissonnière » en Perse. Mais il faut rentrer, revenir, être raisonnable. Notre liberté a des limites. Il y a toujours des examens à passer, un service militaire à accomplir. Enfin débarrassé de toutes obligations à vingt-huit ans, je cherche la compagne idéale, la découvre au Maroc et l’épouse. Elle s’appelle Sabrina. Nous venons nous installer à Paris dans une chambre de bonne sans eau et sans confort. Je deviens professeur d’anglais. Sabrina accepte toutes sortes d’emplois : vendeuse, caissière, bibliothécaire. Nous décidons de mettre en accord nos pensées et nos rêves. Ayant équipé une petite 2 CV Citroën pour vivre à moindres frais, le plus longtemps possible, nous mettons le cap sur l’Ethiopie, vieux royaume auréolé de mystère. Nous y passons dix-sept mois à découvrir le Moyen-Âge chrétien, la nature et les bêtes sauvages, nous adaptant à d’autres moeurs et à d’autres climats, travaillant quand il le faut, heureux de connaître un autre rythme de vie plus conforme à nos désirs. De retour à Paris, nous publions nos premiers reportages et nos premières photos. Mais le grand voyage, hors du commun par son ampleur et sa durée, est à venir. De 1964 à 1968, il nous emmène de Paris à Singapour et retour pendant quatre ans et demi sans rentrer en France. Ce long et lent périple nous permet de nous affirmer en comprenant simplement que le luxe de notre époque est de prendre son temps. Nous faisons le choix de nous distinguer par la qualité. Notre curiosité du monde et notre recherche d’absolu font d’abord de nous des voyageurs. La nécessité de trouver un métier nous permettant de gagner notre vie et d’assouvir notre passion en partageant nos expériences et nos émotions font de nous des photographes. Nous jouons sans le vouloir un rôle de pionniers. Mais avant de faire rêver les autres, il faut rêver soi-même. Nous passons outre les avis pessimistes des directeurs d’agence qui prétendent impossible l’idée de vivre de nos photos de voyage. Nous n’avons pas de formation photographique mais nous sommes déterminés et personne n’a jamais pu vaincre la foi qui peut déplacer des montagnes. Nous voulons tenter notre chance, persévérer et réussir. |
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| L’exemple du travail en couple et le fait de s’en sortir financièrement en prenant son temps stimulent les jeunes les plus déterminés. Avant de partir une nouvelle fois à mes risques et périls et à l’âge de soixante-dix ans sur la Grande Muraille de Chine, j’écris : « Vaste la Chine. Immense le travail qui m’attend ; mes moyens dérisoires ; innombrables, les pièges à déjouer, mais le mental est au-dessus de tout soupçon. Il est plus grand que la Grande Muraille. » Après la naissance de notre fils Romain en 1969, conçu dans un Afghanistan de paix, nous décidons de poursuivre nos voyages asiatiques mais attendons qu’il ait quatre ans pour l’emmener avec nous. Nous constatons combien la présence d’un enfant ouvre plus facilement les portes. Il découvre les steppes de l’Asie centrale, les jungles de l’Inde, les Routes de la Soie mais tient à voler de ses propres ailes et, après une expédition dans le grand Nord canadien, trouve dans l’astrologie son propre chemin. Quant à nous, nous creusons notre sillon en approfondissant nos études des grandes traditions, fréquentant autant bibliothèques et musées que montagnes, les grands pélerinages musulmans et hindous que chasseurs de renards en Mongolie. Guidés par la lumière du soleil qui idéalise et transcende les êtres et les choses, métamorphosant le moindre brin d’herbe et le visage le plus ordinaire en l’auréolant d’une grâce divine, nous témoignons de la beauté de la création et voulons en capter au moins quelques reflets ; nous comprenons que la photographie peut être envisagée comme un yoga, un chemin de perfectionnement. Nous faisons notre l’affirmation de Platon : « Le beau est la splendeur du vrai », celle du hadith coranique : « Dieu est beau et il aime la beauté » et celle du nom que les Hindous donnent à Dieu : « L’universellement Beau ». Le portrait de l’Afghan qui respire une rose représente un bon exemple de ce que nous pensons avoir à transmettre. Ce n’est ni Roland ni Sabrina qui ont quelque chose à dire mais Lui qui a éventuellement un message à nous faire passer. Ce simple artisan de bazar nous offre son image comme une icône et devient en quelque sorte un bodhisattva musulman - un être d’éveil - oeuvrant pour le bien des autres. Par son intermédiaire, nous devenons des passeurs à qui il est donné de voir un instant, au-delà des apparences, la beauté d’un geste à portée universelle. Le photographe s’efface devant son sujet car ce dernier le dépasse infiniment. C’est un très grand poète de son pays, Jamî (1414-1492) qui exprime le message de l’homme à la rose : « Imagine- toi la rose, tu deviendras la rose ; si tu veux le rossignol inconstant, tu deviens le rossignol. Tu es la particule, la vérité est dans le Tout. Et si tu penses un jour le Tout, toi aussi tu deviendras le Tout. » Sur les chemins de l’Orient, en fréquentant les sages et les maîtres, nous avons acquis le discernement. Vieillir n’est pas un mal mais mal vieillir en est un. Comme le dit si bien le proverbe yiddish : « La vieillesse, c’est l’hiver pour les ignorants et le temps des moissons pour les sages ». |
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| Roland et Sabrina Michaud | ||||||||||||||||||||||||||||||
| Jacqueline Franjou est présidente du Festival de Ramatuelle. | ||||||||||||||||||||||||||||||
| Micheline Pelletier est photojournaliste depuis vingt-cinq ans. D’abord à l’Agence Gamma puis chez Corbis-Sygma. Elle est publiée par tous les grands magazines internationaux. Son reportage sur les Prix Nobel de la Paix a été exposé dans les lieux les plus prestigieux en Europe et aux Etats-Unis. Elle est la photographe du Prix L’Oréal-UNESCO. Dernières publications : agenda de la Paix 2004 aux éditions Prés aux Clercs et la monographie du peintre Richard Texier aux éditions Flammarion. | ||||||||||||||||||||||||||||||